MASEN PRÉPARE UN MÉGA PROJET DANS L’HYDROGÈNE VERT, UNE 1ÈRE EN AFRIQUE

L’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen) envisage de développer une centrale hybride photovoltaïque/éolienne destinée à alimenter une usine d’hydrogène vert d’une capacité d’électrolyse d’environ 100 MW.

26 novembre 2020

Et selon Le Matin qui rapporte l’information, l’étude de faisabilité devra être achevée au début de l’année prochaine pour lancer, durant la même année, le processus de pré-qualification. L’adjudicataire du marché devra être annoncé en 2022 pour une mise en service commercial du site au plus tard en 2025.

‘‘L’hydrogène propre constitue, désormais, l’une des priorités du Maroc pour sa transition énergétique. Le pays planche déjà sur la promotion de la recherche et de l’investissement dans la production d’hydrogène renouvelable afin que ce dernier devienne une partie intrinsèque de notre système énergétique intégré d’ici 2030. L’Agence marocaine pour l’énergie durable planche ainsi sur le développement de la première unité marocaine d’hydrogène vert. Le projet porte sur la réalisation d’une centrale hybride photovoltaïque/éolienne pour alimenter une usine d’hydrogène vert d’une capacité d’électrolyse d’environ 100 mégawatts (MW).

Pour ce projet de grande envergure, Masen envisage de finaliser l’étude de faisabilité au début de l’année prochaine avant de lancer, durant la même année, le processus de pré-qualification et d’appel d’offres. L’adjudicataire du marché devra être annoncé en 2022 pour une mise en service commercial du site entre 2024 et 2025. Ce mégaprojet innovant, qui devra être la première unité de production de l’hydrogène en Afrique, serait cofinancé par la Banque allemande de développement (KfW). À cet effet, Masen envisage de recruter des experts qualifiés pour l’accompagner dans la réalisation de ce projet. Ils auront pour mission de gérer et superviser l’ensemble du processus technique depuis l’étude de faisabilité jusqu’à la signature des accords de projet, y compris la phase de pré-qualification, l’appel à propositions, la sélection des soumissionnaires, la finalisation et la signature des principaux contrats (contrats d’achat d’électricité et de financement) ainsi que le bouclage financier.

À noter que l’hydrogène peut servir de matière première, de carburant, de vecteur d’énergie et de solution de stockage, et peut trouver de nombreuses applications dans les secteurs de l’industrie, des transports, de l’électricité et de la construction. Son utilisation ne produit pas d’émissions de CO2 et ne cause pratiquement pas de pollution atmosphérique. Il constitue notamment une solution pour décarboner les processus industriels et les secteurs économiques.

Alors que le Maroc s’investit dans ce domaine, les grandes puissances mondiales ont annoncé également des stratégies de production d’hydrogène propre. C’est le cas notamment de l’Union européenne (UE). Le plan de relance économique de la Commission européenne «Next Generation EU» souligne que l’hydrogène constitue une priorité d’investissement afin de stimuler la croissance économique et la résilience, de créer des emplois locaux et de consolider le leadership mondial de l’UE. D’ici à 2024, la Commission soutiendra l’installation d’électrolyseurs ayant une capacité de production d’hydrogène renouvelable d’au moins 6 GW (6.000 MW) dans l’UE, avec l’objectif de produire jusqu’à un million de tonnes d’hydrogène renouvelable.

De 2025 à 2030, l’hydrogène doit devenir une partie intrinsèque du système énergétique intégré européen, avec une capacité installée d’au moins 40 gigawatts (GW) d’électrolyseurs et une production allant jusqu’à 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable dans l’UE.  À partir de 2030, l’hydrogène renouvelable sera déployé à grande échelle dans l’UE, essentiellement dans les secteurs les plus polluants.

Pour Masen, son projet s’inscrit dans sa stratégie de développement des énergies renouvelables dans différents secteurs au-delà de la production d’électricité notamment la production d’hydrogène. Sa réalisation prend en compte les atouts importants du Maroc en termes de potentiel d’énergies renouvelables (PV et éolien), d’infrastructures, de proximité avec les consommateurs internationaux et de l’existence d’un marché local potentiel.

À souligner également que le Maroc et l’Allemagne avaient signé en juin dernier à Berlin un accord relatif au développement du secteur de la production de l’hydrogène vert. Deux premiers projets, qui ont déjà été annoncés dans la déclaration d’intention, seront mis en œuvre dans le cadre de la coopération économique entre le Maroc et l’Allemagne. Il s’agit du projet «Power-to-X» pour la production de l’hydrogène vert proposé par Masen et la mise en place d’une plateforme de recherches sur «Power-to- X», le transfert des connaissances et le renforcement des compétences en partenariat avec l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen).

Par ailleurs, en vue de renforcer la stratégie du Maroc dans le domaine du développement des énergies renouvelables, une Commission nationale d’hydrogène a été créée en juillet dernier dans le but d’assurer l’indépendance énergétique du Royaume et réduire les émissions de gaz à effet de serre’’.

par Auteur : Infomédiaire
source Source : Infomédiaire
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