Masen décrypte

DES LECTURES EN PARTAGE

Régulièrement « Masen décrypte » présente un rapport émis par un acteur de référence du domaine des énergies renouvelables… parce que la culture du partage d’expérience et d’informations est un préalable au développement des ENR à travers le monde

Dans son premier rapport “Digitalization & Energy”, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) analyse la corrélation grandissante entre énergie et digitalisation en mettant l’accent sur la manière dont celle-ci transforme les systèmes énergétiques. Les technologies digitales changent comment, où et quand l’énergie est consommée. Un des aspects majeurs discutés dans le rapport est la manière dont la digitalisation croissante va affecter la demande et la consommation énergétique principalement dans les trois secteurs énergivores que sont le bâtiment, le transport, et l’industrie. Dans ces secteurs, la digitalisation est d’ores et déjà largement utilisée et pourrait contribuer à l’efficacité énergétique pour optimiser la consommation énergétique.

DIGITALISATION ET ÉNERGIE

L’HABITAT CONNECTE

Les bâtiments représentent près du tiers de la consommation énergétique finale mondiale. Grâce aux nouveaux appareils connectés (appareils ménagers, éclairage intelligent, équipements électroniques), notamment les compteurs intelligents1 , l’AIE prédit une réduction de 10% de l’énergie utilisée entre 2017 et 2040, à travers la collecte de données en temps réel. Plus d’un milliard de ménages et onze milliards d’appareils ménagers pourraient participer à des systèmes électriques interconnectés d’ici 2040. Cela permettrait à ces ménages de rationaliser l’énergie puisée dans le réseau.

LES RÉPONSES DE LA DEMANDE2 DANS LE BÂTIMENT, L’INDUSTRIE ET LE TRANSPORT, POURRAIENT FOURNIR 185 GW DE FLEXIBILITÉ AU RÉSEAU PERMETTANT AINSI L’ÉCONOMIE DE 270 G$ D’INVESTISSEMENTS DANS DE NOUVELLES INFRASTRUCTURES ÉLECTRIQUES À L’HORIZON 2040.

Voir infographie (1)

LA MOBILITE INTELLIGENTE​

Les voitures, les camions, les trains, les avions… deviennent intelligents et connectés, améliorant l’efficacité et la sécurité du système de transport. Pour ce dernier, la digitalisation se matérialise par le développement de systèmes intelligents qui utilisent des capteurs pour la collecte de données ou encore des outils de communication permettant la commande à distance. Les véhicules autonomes connectés affecteront profondément le système de transport ainsi que sa consommation énergétique.

Voir infographie (2)

I - Dans ce scénario, pratiquement tous les avantages potentiels de l’automatisation sont réalisés, y compris une circulation plus fluide, moins d’accidents (les véhicules deviennent plus petits/plus légers) et l’adoption généralisée de l’éco-conduite et du platooning.

II - Dans ce scénario, l’adoption généralisée de niveaux d’automatisation plus élevés s’accompagne d’une forte augmentation de la demande de déplacements et aucun avantage en termes d’efficacité ne se matérialise (par exemple, pas de platooning ou de conduite écologique).

L’INDUSTRIE NUMERISEE

La transformation digitale affecte tout autant la production énergétique ; aussi bien les champs pétroliers intelligents que les réseaux interconnectés et, de plus en plus, les énergies renouvelables. La digitalisation au niveau des centrales permet une réelle optimisation de la maintenance préventive permettant à la centrale de fonctionner mieux et plus longtemps. 

De plus, l’AIE a constaté d’importantes réductions de coûts notamment grâce à l’impression 3D, l’Intelligence Artificielle et la robotique. Ces trois évolutions pourraient profondément transformer le lien entre l’utilisation de l’énergie, la productivité et la production permettant l’économie d’environ 80 milliards de dollars par an au niveau des centrales énergétiques.

Voir infographie (3)

Selon l‘AIE, la digitalisation participerait à la réduction du délestage3 (curtailment). L’industrie de l’énergie pourrait ainsi gagner en productivité, efficacité et sécurité. C’est particulièrement valable pour le solaire PV et l’éolien dont le profil de production est variable. Par conséquent, ceci permettrait une plus grande pénétration de ces énergies renouvelables dans le réseau. A titre d’exemple, l’AIE estime que la digitalisation pourrait réduire de 78% les délestages de charges volontaires des centrales éoliennes et solaires dans l’Union Européenne4 .

Ainsi, les technologies digitales pourraient aider à intégrer une plus grande part d’énergies renouvelables dans les réseaux en faisant mieux correspondre la demande d’énergie avec les ressources solaires et éoliennes.

Voir infographie (4) et (5)

La digitalisation va transformer le système énergétique mondial avec de profondes implications pour tous les acteurs de l’énergie. Les opportunités qu’elle crée pourraient avoir un impact multisectoriel bénéfique. Cet impact dépendra entièrement des politiques publiques mises en place pour y répondre ainsi que des comportements humains.​

1 Les compteurs intelligents ou « smart thermostats » sont des compteurs énergétiques pouvant suivre de manière détaillée et précise, souvent en temps réel, la consommation d’énergie.

2 Les réponses de la demande représentent la participation du consommateur d’énergie à la réduction de consommation, à la production d’électricité et à la création d’une flexibilité du réseau.

3 Le délestage électrique est l’arrêt temporaire volontaire de l’approvisionnement électrique afin d’équilibrer la production et consommation dans le but de préserver l’intégrité du système électrique.

4 A titre de référence, l’Europe produit plus de 400 TWh d’électricité issue d’éolien et de PV.

DIGITALISATION ET ÉNERGIE

Télécharger